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Naissance de l’Académie Vocale de Suisse Romande

La Romandie est une terre peuplée de chanteurs et les chœurs et chorales qui les rassemblent sont légion. Cependant, les ensembles professionnels sont plutôt rares. Il y a les chœurs d’opéra, des ensembles de solistes et quelques chœurs d’oratorio, à l’image de l’Ensemble Vocal de Lausanne.

Recourir à un chœur de chambre professionnel, constitué, de quelque vingt-cinq choristes pour des répertoires difficiles incluant des œuvres récentes est désormais possible avec l’Académie Vocale de Suisse Romande (abrégez AVSR), qui a vu le jour au mois d’août 2009. A la tête de ce tout nouveau chœur se trouvent deux chefs bien connus en Suisse romande : Dominique Tille et Renaud Bouvier. Nuance a rencontré les deux fondateurs de cet ensemble au terme de leur deuxième journée de répétition.

« L’Académie Vocale de Suisse Romande répond à une envie de pouvoir aborder des œuvres réputées exigeantes avec un chœur de pointe. Nos goûts nous portent vers un répertoire de chambre qu’il est souvent difficile de monter, voire impossible d’aborder avec des amateurs, même éclairés. Il y a clairement une niche à prendre, qui existe ailleurs en Europe, notamment en Europe du Nord, mais pas encore en Suisse romande», explique Renaud Bouvier. «Notre rencontre a mis en évidence un engouement, une prédilection commune pour un même répertoire. Cela nous a donné une impulsion et nous a motivé pour nous lancer dans ce projet», souligne Dominique Tille. En l’occurrence, le répertoire puise abondamment dans le XXe siècle, avec des musiques tonales, modales. «C’est un instrument pour un certain type de répertoire. Il serait faux de croire, par exemple, que nous l’avons profilé pour la musique ancienne. En termes de possibilités et de couleurs, il possède une certaine rondeur, une souplesse, une transparence. Il s’agit d’un chœur et non d’un ensemble de solistes. Les registres sont donc appelés à se modeler encore, les choristes à se former à cet art au sein de l’ensemble», poursuit Dominique Tille. « Nous souhaitons aussi inviter des chefs différents afin qu’ils proposent leurs répertoires spécifiques. Ce serait une manière pour l’AVSR d’être généraliste en gardant des exigences élevées dans tous les genres abordés », ajoute Renaud Bouvier. Après deux jours intensifs de travail sur le programme de leur concert inaugural du 19 août au Temple de Morges, les deux musiciens s’accordent pour dire que la plasticité et la couleur vocale de l’ensemble permettent une rapide adéquation de style avec les pièces sélectionnées, lesquelles incluent notamment des pièces de Bach à Ligeti en passant par Joseph Rheinberger, Frank Martin, Michel Hostettler ou encore Les chants des roses de Lauridsen. L’Académie, comme son nom l’indique, a aussi la vocation d’offrir à terme des places de stages pour choristes professionnels. La composition chorale romande pourrait en outre posséder un instrument de choix. Les deux chefs espèrent d’ailleurs susciter l’engouement des compositeurs et que l’AVSR soit la dédicataire de nouvelles œuvres.

L’ampleur de la tâche est manifeste pour les deux maîtres d’œuvre de ce projet résolument neuf. «Il faut se faire connaître, séduire les choristes, les institutions pédagogiques, les partenaires culturels et bien sûr des sponsors», souligne Dominique Tille. Avec l’AVSR, la Romandie se dote d’un instrument permettant de porter les valeurs de la musique chorale en la hissant à son meilleur niveau. Puisse-t-elle être soutenue !

Bernard Halter, Nuance, août 2009
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